P. 32. Commémoration du convoi XX à Boortmeerbeek

Publié le par Jean-Emile Andreux

Le convoi XX et ses évadés

Monument de Boortmeerbeek (doc. Marc Michiels)

Dans son Volume II de "La traque des juifs. 1942-1944" (Ed. Vie Ouvrière), Maxime STEINBERG consacre plusieurs passages au convoi XX, plus exactement dans le chapitre III : "Les rebelles à la solution finale"... Car l'histoire de ce transport restera unique dans la longue persécution des Juifs. De tous ces convois qui en Europe occupée, prirent la direction d'Auschwitz, il fut le seul à être arrêté pour permettre des évasions...qui se succédèrent après cette action de résistance exceptionnelle.

Quelques chiffres. Le convoi XX part de Malines le 19 avril 1943. Des wagons à bestiaux emportent 1.631 Juifs au nombre desquels 262 enfants. Parmi ceux-ci figure le plus jeune bébé qui sera déporté de Belgique sur Auschwitz : Suzanne KAMINSKI, née le 11 mars 1943 (n° 215). Le n° 584 du même convoi XX est porté par Jacob BLOM. Né le 7 août 1842, lui sera le doyen des déportés de Malines.

Non moins de 231 Juifs du transport vont s'en évader avant qu'il ne passe en Allemagne. Les premiers retrouvent la liberté entre la gare de Boortmeerbeek et Wespelaer. En effet, trois jeunes intrépides parviennent à l'arrêter en agitant une lampe tempête recouverte d'un papier rouge. Ils ont pour nom :

Jean FRANKLEMON

Georges LIVSCHITZ (le seul armé : un 6,35, il sera fusillé en février 1944) et

Robert MAISTRIAU (qui parvient à débloquer la fermeture extérieure d'un wagon)...

Selon l'estimation de Maxime STEINBERG, "une bonne quinzaine de déportés" s'échappent ainsi. Toutes les autres évasions s'expliquent par la présence d'outils emportés et dissimulés à cette fin : pince, barre de fer, scie, lime... L'un des wagons se distingue comme celui dit "de la résistance". Il contenait six ou sept résistants parmi les évadés. Leur rassemblement ne doit rien au hasard. Eva FASTAG, au sammellager de Malines, n'a pas hésité à "trafiquer" les listes à cet effet. Enfin, se révèle courageuse la conduite du machiniste Albert SIMON. Ce cheminot a compris que des déportés tentent de retrouver la liberté et applique volontairement à la lettre la réglementation : mise au pas de la locomotive pour les franchissements de passages à niveaux, ralentissements dans les courbes, arrêt d'une demie-heure à Borgloon en attendant une signalisation adéquate...

Plus de 20 cadavres marqueront aussi le trajet de ce convoi XX, abattus par les gardes de la Shutzpolizei (souvent confondus avec des SS). Une nonantaine d'évadés seront ensuite repris.

Cependant, parmi celles et ceux qui échappèrent aux recherches, se détache la personnalité de Simon GRONOWSKI. Il avait 11 ans lorsqu'il sauta du convoi où restèrent sa mère et sa soeur disparues ensuite à Auschwitz. Ses souvenirs sont publiés par les Editions Luc Pire sous le titre de : "L'enfant du 20e convoi". Avec une adaptation pour les enfants de primaire : "Simon, le petit évadé".

L'ouvrage de Simon Gronowski aux Ed. Luc Pire

Tous ces événements seront commémorés au monument de Boortmeerbeek le dimanche 23 avril prochain à 10h30. Pour s'y rendre : route nationale 26 Louvain (Leuven) - Malines (Mechelen). Bifurquer en direction de Boortmeerbeek gare (station).

A lire, outre les ouvrages cités : "Mémorial de la déportation des Juifs de Belgique" de Serge KLARSFELD et Maxime STEINBERG (Union des déportés juifs de Belgique et fils et filles de la déportation).

A consulter : le site de Marc MICHIELS consacré au convoi XX et à Boortmeerbeek (voir liens).

Remerciements à Martine van Coevorden pour l'idée de cette page.

Publié dans Boortmeerbeek

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