P. 42. Une 4e photo des Mazures ?

Publié le par Jean-Emile Andreux

Confusion entre 14-18 et 42-44...

Sur la page du blog : "Les Mazures à Auschwitz"... figurent trois photographies prises au Judenlager, les seules connues à ce jour.

Néanmoins, le 18 juillet 2005, se terminaient aux Mazures les cérémonies d'inauguration de la pierre du souvenir élevée en mémoire des 288 déportés du camp. D'un âge respectacle, une Mazuroise remit alors avec émotion une copie d'un cliché présentant des Allemands en uniforme et des Ardennais. "J'en ai reconnu quelques-uns de ces Mazurois mais pas tous...Ils étaient réquisitionnés le week-end pour travailler en plus des Juifs. Si vous pouviez identifier les autres ?"  Voici ce document :

Les lignes qui suivent ne se veulent nullement moqueuses, méprisantes voire donneuses de leçon... D'autant que les archives et documents confiés par des habitants des Mazures, n'abondent pas...

Certes, selon des témoignages recueillis auprès de Mazurois tels Mr Baudrillard ou Mr et Mme Maquin, les occupants procédèrent à des réquisitions, notamment le samedi, pour compléter le travail forcé des Juifs du camp. Cependant, une interrogation immédiate porte sur les uniformes allemands de la photo : képis-casquettes, vestes militaires et absence d'insigne nazi ainsi que de l'Organisation Todt. A titre de comparaison, un cliché peut servir de référence. Celui de Döhring, le lagerführer OT des Mazures tel qu'un instantané le montre face à un déporté, Josef Peretz.

Premier à réagir devant la photo prise en forêt, Roger Bauchot ne put retenir cette réaction immédiate : "Mais ce sont des Boches (excusez du mot) de la première guerre !!! Ceux que j'ai vus au camp des Mazures n'avaient pas du tout le même style, le même genre, le même uniforme." En effet, à 13 ans, privé de scolarité et dans la pagaille succédant à l'armistice, Robert Bauchot avait été engagé comme aide par l'un des deux entrepreneurs français exploitant pour l'OT le travail des déportés des Mazures. L'adolescent n'avait pas tenu trois mois au Judenlager avant de mettre le feu à des stères destinées au charbon de bois. Pour disparaître ensuite. Marqué à tel point, que plus de soixante années après, les larmes lui montent encore aux yeux quand il évoque les déportés juifs.

D'un témoignage oral, passons à des documents. L'une des membres fondatrices de l'Association, Marie-France Barbe, a signé des ouvrages historiques portant sur les Ardennes, notamment sous les occupations allemandes. Voici l'une des nombreuses illustrations qu'elle a retrouvées et remontant avec certitude à 1914 - 1918 :

Toute hésitation éventuelle s'en trouve ainsi effacée. L'uniforme porté par l'Allemand de la première guerre ne prête pas à confusion avec celui de l'Organisation Todt qui était nettement nazifié...Malgré une très relative qualité technique, celui porté par le lagerfürher Dhöring le confirme. Manque la couleur. L'OT portait le brun clair :

Bref, les archives portant sur la mémoire du Judenlager des Mazures, ne comprennent toujours pas de quatrième photo prise au camp entre octobre 1942 et janvier 1944... 

Publié dans Déportés

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