P. 117. Dernières lettres après la fermeture des Mazures (6)

Publié le par Jean-Emile Andreux

Fiancé d'Adrienne Matthÿssens, Arthur Zasky ne reviendra jamais d'Auschwitz... Mais comme elle l'écrit : "il restera en moi jusqu'au dernier souffle".

 

Outre une carte d'avis de changement d'adresse (1) et un télégramme (2), les recherches permettent de consulter encore deux lettres d'Adrienne Matthÿssens à Marie Arnould-Jacques. L'une du 31 décembre 1945. La seconde du 16 avril 1946.

Au dernier jour de l'an 1945, Adrienne Matthÿssens :

 

- "Ma très chère Dame,

Avec une réelle plaisir j'ai reçu votre ci / gentille lettre (3) à l'instant même, j'étais juste en / train de penser à mon cher fiancé dont je n'ai hélas / encore aucune trace de vie, quand le facteur sonnait / pour me remettre votre missive, et combien je suis / heureuse de savoir que des Amis lointaines pensent / à lui et moi. Le courage et l'espoir ne me quittent pas / un instant, soit que l'espoir est très très limitée, quand / aux multiples démarches que j'ai fait jusqu'aux / zônes Russes, en Suède, en Suisse, en Allemagne / partout : je veux écrire en Amérique ou il à des / Amis, peut-être sauront-ils quelques choses, je ne / me lasse pas de faire, faire, des recherches, cela me / coûte un argent fou, mais rien n'est de trop pour / mon cher Trésor...

 

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... Dès que le moindre indices que j'ai de mon / cher fiancé je vous le ferez savoir immédiatement / car vous avez été très bon pour lui et cela je / ne puis l'oublier, et en suis très très reconnaissante. / Curieux qu'aucuns de ces camarades n'ont / donner aucun signe de vie, car ils étais tous d'Anvers.

 

Page 4

 

... il n'y a qu'Arthur / qui restera tout ma vie vivant dans mon coeur / et pas un autre n'y prendra sa place. Je vie avec / de trop beaux souvenirs, d'un être correcte et / ci sincère, et très très dévoué envers moi. / Je me console qu'aux moins les boches n'ont pu / détruire cette grande attachement et restera en moi / jusqu'à mon dernier souffle, Arthur, Arthur..............

 

 

Extraits de la lettre du 16 avril 1946 :

 

... Un bruit a courue ici à Anvers comme quoi qu'Arthur / aurait rentré en Espagne pendant l'occupation et y travaillait / dans une firme, j'ai écrit des lettres par avion (1), envoyé / des télégrammes, écrit au Consul de Belgique en Espagne (3), / hélas ! tous les réponses sont possitifs rien aucune trace de / lui, j'ai écrit en Amérique du Sud (3) à son grand / Directeur, envoyer par avion et télégramme il y a 10 jours / dont j'attend une réponse avec une fievreuse impatience. / Vous comprenez mon anxiétude, surtout que je ne comprend / pas son silence envers moi et, cela n'est pas possible / n'est-ce pas ?...

 

Page 2

 

... Si jamais vous aurez un mot / d'Arthur écrivez moi immédiatement s. v. P. je ferai / de même... tout en vous remerciant de / plein coeur ce que vous avez fait pour mon cher / fiancé Arthur Zasky, tous mes amitiés aux votre et / une meilleure chance à l'avenir et vous embrasse / en Amie et pour toujours.

Adrienne Matthÿssens

 

 

 

Sur la seule photo connue d'un groupe de déportés des Mazures, le visage encadré d'Arthur Zasky (arch. J. Peretz)

 

(1) Archives familiales A. Pernelet.

(2) Sujet de la page 117 du blog.

(3) Courriers perdus.

 

Publié dans Déportés

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zalzberg david 19/08/2009 13:08

bonjour a tous la personne  presente au dessous de(( d'Arthur Zasky)) sur la photo connue du camp des mazure ets mon grand pere ( HERMAN ZALZBERG ) qui a contribuer a l'evasion de plusieur personne en 1942,, DAVID ZALZBERG