P. 118. Ultime et vain espoir de retrouver A. Zasky vivant. (7)

Publié le par Jean-Emile Andreux

 

Depuis la page 111 de ce blog, a été reconstitué le calvaire d'au moins quatre années et vécu par Adrienne Matthÿssens, infirmière anversoise, fiancée de l'un des déportés des Mazures, Arthur Zasky.

 

 

 

 En l'état actuel des recherches, Arthur Zasky, né à Anvers le 25 mai 1907, avait donc 35 ans lorsqu'il fut envoyé le 18 juillet 1942 aux Mazures avec 287 autres juifs de la métropole portuaire. Transféré à Drancy le 5 janvier 1944, il y reçut ne n° 10 922. Le 20 janvier, il fut contraint à monter dans le convoi 66 pour Auschwitz (n° 1140).

Sa trace est ensuite perdue. Malgré quoi, et suite à de fausses rumeurs évoquées page 116 (1), Adrienne Matthÿssens va le croire encore en vie. C'était en mars 1946. Selon ces bruits sans fondement, Arthur Zasky aurait trouvé du travail à Madrid, dans l'Espagne de Franco.

Parti d'Anvers le 11 mars 1946, ce télégramme (2) porte ce dernier sursaut de vain espoir :

 

 

ZASKY ARTHUR FIRME SEIDA ESPRONCEDA 36 MADRID

RETROUVE VOTRE TRACE STOP SUIS HEUREUX LETTRE SUIT ATTENDS

REPONSE IMMEDIATE AU 114 RUE VANSCHOONBEKE STOP PREMIER

AVRIL  HABITERAI RUE DU PEAGE 30 ANVERS ATTENDS VOTRE RETOUR

                                                                                                      ADRIENNE

 

Le 4 novembre 1947, l'Association des Juifs Victimes de la Guerre (3) recueille le témoignage de Bert (Vital) Lieberman, déporté des Mazures, rescapé des camps (4). Cet artiste peintre confirme l'histoire d'Arthur Zasky : travail forcé aux Mazures à partir du 18 juillet 1942, transfert à Drancy le 5 janvier 1944 pour le convoi 66 vers Auschwitz. Et la disparition du fiancé d'Adrienne Matthÿssen dans ce camp d'extermination. (2)

La reconnaissance officielle de cette disparition attendra le 12 décembre 1949. (2)

Au Service des victimes de la guerre à Bruxelles, outre des courriers d'Adrienne Matthÿssens évoqués déjà, le dossier Arthur Zasky se referme sur un Formulaire A du 7 septembre 1951. Avec cette brève mention :

- "déporté fin janvier 44 Monowitz" (5)

 

 

 

Auschwitz III : photo prise le 31 mai 1944 en prévision d'un bombardement allié (Musée Auschwitz)

 

(1) Lettre du 16 avril 1946 pour Mme Marie Arnould-Jacques.

(2) Dossier individuel, Service des victimes de la Guerre, Bruxelles.

(3) Secrétaire : Jacques Springer, évadé des Mazures.

(4) Des Mazurois, seul rescapé du convoi 66. Matricule 172 748 à Auschwitz. 122 539 à Buchenwald. Libération au camp de Zwierberge-Langestein.

(5) Auschwitz III, Monowitz (Monowitce), ou encore Buna : à 14 km de Birkenau, usine de l'IG Farben fonctionnant grâce à l'exploitation forcenée de déportés et destinée à la fabrication de caoutchouc artificiel.

 

Publié dans Déportés

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