P. 147. Un livre de Viviane Teitelbaum-Hirsch

Publié le par Jean-Emile Andreux

Aux Editions Luc Pire - Histoire :

"Enfants cachés. Les larmes sous le masque",

de Viviane Teitelbaum-Hirsch

 

 

La relation de la petite enfance et du début d'adolescence d'Henri Elias, marqués de manière indélébile par la Shoah puis par une tentative de rapt religieux, ont entraîné de multiples réactions à la fois scandalisées mais aussi marquées de profonde sympathie. 

Afin de situer dans leur contexte spécifique les pages 145 et 146, voici un ouvrage publié en 2006 et qui porte sur les sorts d'enfants juifs cachés en Belgique. Les Editions Luc Pire (et non l'auteur du blog) le présentent comme suit :

 

- "Guscia, tu seras Gaby.

- Bronia, tu seras Joséphine. Non, plutôt Brigitte.

- Morrits, tu seras Maurice.

- Sarah, Suzanne.

- Hendrich, Henri.

- Ana ? Anne.

- David ? Daniel.

- Et toi Leibl, tu seras Léon, n'oublie jamais.

Deuxième Guerre mondiale. En Belgique, modèle de générosité et solidarité, quatre mille enfants juifs traqués ont été soustraits à la barbarie nazie. Ils sont cachés au sein de la population belge, sous une nouvelle identité, sans comprendre pourquoi. Arrachés aux parents sans que la situation leur soit expliquée. Les mots pour le dire ont cruellement fait défaut. Par manque de temps, par manque de courage. Les parents désespérés, la convoyeuse pressée, quelques bonbons à la main, tâchant de donner un peu de chaleur, dira avant tout :

- Leibl, maintenant tu t'appelles Léon. Répète.

- Et Leibl dira : Léon ?

- Oui, Léon.

- Et maman, et papa ?

- Oui, oui bientôt. Mais Léon, tu n'oublieras pas. Ne plus jamais dire ton vrai nom.

L'histoire de ces enfants cachés est celle d'un miracle. Nonobstant la peur ou la tristesse qui les dévorent, ils suivent leur instinct et avancent sur la route de la survie. La mort rôde et aucune famille ne sera entièrement épargnée. Mais cela, les enfants propulsés dans un monde encore inconnu, fait de familles de logeurs ou d'institutions, ne le savent pas. Ils pensent avoir quitté temporairement leur univers. Ce qui leur reste à tous ? Le rêve. Celui d'une vie où tout redeviendrait comme avant. Celui du retour des leurs, d'un bonheur abandonné. Après le rêve et le mensonge pour survivre, viendra le désespoir lié à l'attente. Après avoir caché leur identité et leurs origines, ils vont taire leur souffrance et leur douleur."

 

L'auteur, Viviane Teitelbaum-Hirsch est licenciée en journalisme et en communications sociales (ULB), Master en Relations Internationales (USA). Journaliste pendant 12 ans, elle a également publié six livres (aux Editions L. Pire et Labor) et a collaboré à divers ouvrages collectifs. 

En complément de ce parcours professionnel, Viviane Teitelbaum-Hirsch fut élue en 1993 présidente du Conseil d'administration d'une école du réseau libre subventionné, Beth-Aviv. De 1996 à 1998 elle a été coordinatrice belge, interviewer et représentante de la Fondation pour la Mémoire de Steven Spielberg. Elle est également présidente de l'asbl IMAJ (Institut pour la Mémoire Audiovisuelle Juive) depuis juin 2004.

 

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Henri Elias 01/06/2007 18:42


Je ne peux souscrire au résumé de la page 151 car le réseau Henrard s'est discrédité par ses agissements malfaisants dès février 1945. Concernant les deux orphelins qui sont restés chez elle, j'ai assisté à une scène où Melle Henrard insultait Hélène en épelant chaque lettre du mot juive >. Je me souviens encore de ses larmes. J'ai fait un témoignage audiovisuel en avril 2006 par l'intermédiaire de Monsieur Johaness Blum et qui est au musé juif de la résistance à Malines.

Henri Elias