P. 210. L'actualité est borgne, de Bruges à Amiens...

Publié le par Jean-Emile Andreux

 

Le Pen condamné pour complicité "d'apologie de crimes de guerre et de contestation de crime contre l'humanité"

tandis que des policiers remettent le "sieg heil" à la mode

et qu'un (bébé) rescapé d'Auschwitz se fait éjecter, parce que juif...

 

Les actualités bégayent.

 

Marcel Kalmann était venu des States pour visiter notamment Bruges, mais certes pas pour figurer dans la Presse sous des titres liés à l'antisémitisme.

 

Le Soir :

- "Le professeur américain Marcel Kalmann séjournait quelques jours à Bruges il y a deux semaines. En ôtant son chapeau dans un café, sa kippa s'est découverte. Le serveur l'ayant remarqué, il l'aurait mis à la porte.

« Nous ne servons pas les juifs ici, dehors », aurait dit le serveur."

 

La Libre Belgique :

- "Marcel Kalmann, un professeur américain d'origine juive qui a eu la chance de survivre à l'horreur d'Auschwitz suite à la libération du camp par les troupes soviétiques alors qu'il était encore bébé, n'est pas prêt d'oublier sa mésaventure. Emu par le "Juden raus", version flamande, du garçon de café, M.Kalmann s'était, en effet, rendu dans un établissement voisin afin d'appeler la police.

 L'histoire ne s'arrête pas là : malgré le choc émotionnel, la police l'invita à se rendre au commissariat plutôt que de venir à sa rencontre. Mais une fois sur place, une autre déplorable surprise attendait le touriste : non seulement, un des agents refusa de prendre sa déposition en anglais, arguant aussi que son récit n'était pas très crédible mais un autre, probablement un supérieur, selon "Joods Actueel" se mit à éructer que la déposition devait être faite en néerlandais ! Et Marcel Kalmann fut instamment prié de ne pas déposer plainte... "Joods Actueel", de son côté, est en mesure de préciser que les policiers ne se sont jamais rendus dans l'établissement concerné pour interroger le serveur ! "

 

Le Monde :

- "La communauté juive de Flandre a réagi avec d'autant plus d'émotion que Marcel Kalmann a une histoire très particulière. Né à Auschwitz trois jours avant la libération du camp, caché par des compagnons de captivité de sa mère, il est resté comme le plus jeune détenu libéré du camp de la mort."

 

A Bruges, il y a des policiers à tout le moins passifs. D'autres sont décorés, bien notés par leur hiérarchie mais aussi des antisémites et des nostalgiques déclarés de nazisme. Ce qui ne fut pas incompatible jadis. Et redevient d'actualité à Amiens.

 

Libération :

- "Les faits qui sont reprochés à ces cinq personnes remontent à la nuit du 1er au 2 février. Vers 23 h 30, le groupe fait irruption dans le pub My Goodness, qui à cette heure est bondé. «Il y avait beaucoup de brouhaha, mais mon client a remarqué les gestes des policiers, bras tendus. Passé la surprise, il a réalisé de quoi il en retournait», raconte Me Hubert Delarue, l'avocat du patron du bar.

Selon plusieurs témoignages, le groupe est entré dans le pub aux cris de «sieg heil», avant de trinquer en criant des propos violemment antisémites entrecoupés de saluts hitlériens. Les trois policiers - un brigadier-chef d'une quarantaine d'années et deux gardiens de la paix trentenaires - étaient en civil et avaient quitté leur service une demi-heure plus tôt, selon une source policière.

Le patron du bar, cité par Me Delarue, raconte que les suspects étaient passablement «énervés», mais pas «saouls», et se sont «lancés dans des diatribes verbales accompagnées de gestes en rapport». «Ils ont tenu des propos racistes, antisémites et xénophobes.» Un des policiers aurait lancé : «Je suis prêt à foutre ma carrière en l'air pour éviter la colonisation de mon pays par les négros et les bougnoules.» «On est des flics, tu n'es qu'une sous-merde», et l'appartenance au «white power» figurent aussi parmi les propos racistes et néonazis rapportés par des témoins.

 

Et puis le feuilleton Le Pen. Ou comment ce récidiviste (à vie) bave et signe. Le Pen a été condamné, ce vendredi 7 février 2008 , par le Tribunal correctionnel de Paris à trois mois de prison avec sursis et 10 000 euros d'amende car reconnu coupable de "complicité d'apologie de crimes de guerre et de contestation de crime contre l'humanité"

 

Rivarol (janvier 2005) interview de Le Pen :

- "En France du moins, l'occupation allemande n'a pas été particulièrement inhumaine, même s'il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550 000 km2."

 

Marianne2.fr :

- "Dans son jugement, le tribunal a estimé que le président du FN avait "réécrit l'histoire", en faisant le récit du massacre d'Ascq, perpétré dans la nuit du 1er au 2 avril 1944.
Les magistrats de la 17e chambre ont dénoncé "une falsification historique délibérée", M. Le Pen ayant "donné de la Gestapo une image positive" en "occultant les crimes dont elle s'est rendue coupable".
Le tribunal a également condamné M. Le Pen pour ses propos sur le caractère "pas particulièrement inhumain" de l'Occupation allemande en France "même s'il y eut des bavures, inévitables", selon lui, "dans un pays de 550.000 kilomètres carrés".
Pour le tribunal, le leader politique "tente d'instiller un doute sur ce qui a pu être commis par les nazis sur le territoire français comme la déportation des Juifs ou les persécutions contre les résistants et qui constituent autant de crimes contre l'humanité".

 

Le Monde :

- "...se disant victime de "persécution", Jean-Marie Le Pen avait déclaré ne se sentir "absolument pas coupable". 

 

 Prosit !!! (Caricature : JEA)

 

Publié dans Actualités

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Tom- 10/02/2008 14:28

On met des bracelets d'identification aux malades dans certains hôpitaux pour éviter de "perdre du temps" à leur parler ce qui conduit à chosifier la personne humaine. Nous n'avons rien retenu :Une jeune infirmière ne se posait pas de problème par rapport au bracelet : elle appliquait la consigne de la direction. Jusqu¹au jour où le vieil homme hospitalisé à qui elle demandait de mettre ce bracelet, avec son étiquette à code barre, l’a regardé, à remonté sa manche, et lui a dit « Mademoiselle, je n’ai pas besoin de votre bracelet, j’ai déjà un numéro d’identification de tatoué. » Face à cet ancien déporté, elle a vécu un grand moment de solitude. Elle n’a jamais pu reprendre en charge ce patient, car quelque chose était brisé dans la relation soignant/soigné. Et pour elle, ce bracelet n’est plus une simple procédure de sécurisation.