P. 222. "Modus operandi"

Publié le par JEA


Actuellement dans les salles de cinéma  du Royaume : un documentaire sur la persécution des juifs en Belgique. Non seulement les faits mais aussi des visages et des noms sur les victimes de la Shoah.


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Image extraite de "Modus operandi". Les occupants étaient infiniment trop peu nombreux pour mettre seuls en application la Shoah en Belgique... (DR)


Présentation du film :

- "De 1942 à 1944, 24.916 Juifs, hommes, femmes et enfants, ont été déportés de Belgique vers Auschwitz. Seuls 1.206 d’entre eux en sont revenus.

Une poignée de nazis ont mis en place cette persécution, qui n'a pu avoir lieu qu'avec l’appui inconscient ou volontaire de certaines autorités belges.

Comment ? C’est l’histoire de ce film. C’est notre histoire, à chacun d’entre nous.<!--[if !supportEmptyParas]-->  <!--[endif]-->

Modus Operandi <!--[if !supportEmptyParas]--> décrit la chronologie des événements et les différentes phases qui mèneront à la solution finale : <!--[endif]-->

- L’identification de la population juive

- L’exclusion de la vie économique et sociale

- Le port de l’étoile jaune (à partir de juin 1942)

- Les convocations pour la « mise au travail à l’Est » délivrées par l’AJB (Association des Juifs de Belgique créée par les allemands)

- Les arrestations et les rafles (août, septembre 1942)

- Les déportations (pour la première fois on touche aux enfants)

- Le sauvetage (notamment l’action du Comité de Défense des Juifs)

- Les arrestations de Juifs de nationalité  belge (à partir de septembre 1943)

- La solution finale."



La Libre Belgique :

- "
... En dévoilant une page d'histoire passablement méconnue, et pour cause, elle fut enterrée à dessein, "Modus operandi" illustre aussi en quelque sorte le modus operandi psychologique qui a permis un tel crime : on se croit à l'abri tant que c'est l'autre qui est attaqué. Le Belge ne se sent pas menacé, puisque ce sont les juifs qui sont visés. Et le juif belge fait le gros dos, car ce sont les juifs réfugiés d'Allemagne, de Pologne ou d'ailleurs qui sont dans le collimateur de l'occupant. En gros, si on obéit aux nazis, rien d'irréparable ne peut arriver. C'est ce qu'on appellera "le moindre mal".

En cela, "Modus operandi"<!--[if !supportEmptyParas]--> est autant un film d'actualité qu'un documentaire historique, tant il montre qu'une fois le doigt pris dans l'engrenage de la stigmatisation, de la diabolisation, c'est tout le corps qui peut finalement y passer."
(Fernand Denis, 5 mars 2008)



Le Soir :

- "Basé sur des archives – photos et images (très peu tournées en Belgique, mais donnant une approche de ce qui s’est passé chez nous) -, le documentaire d’Hugues Lanneau montre quel a été le rôle des autorités belges dans la déportation des juifs. A Anvers, notamment, où, de toute évidence, le bourgmestre d’alors, secondé par le chef de la police et par certaines autorités judiciaires, a collaboré et contribué à organiser les rafles. A Bruxelles, où certains fonctionnaires de la commune ont, par zèle, mis au point une fiche d’identification qui servira d’exemple et de modèle pour organiser un recensement des juifs vivant en Belgique. Mais le film – qui, par une approche claire et très pédagogique, va clarifier pour beaucoup une période plus connue dans sa globalité qu’au niveau local – se veut nuance."
(Fabienne Bradfer)




Webzine n° 124 :

- "
Monté comme un film au suspense insoutenable dont nous connaissons pourtant l’issue, Modus Operandi fascine par la richesse des documents d’époque qu’il dévoile, fruit d’un long mais fructueux travail de recherche en documentation : photos, films et documents divers… Modus Operandi ne cesse de choquer en nous rappelant sans cesse, preuves à l‘appui, que l’âme humaine, en temps de guerre, se liquéfie, que le nihilisme, la lâcheté, la bêtise et la haine ne sont jamais bien loin, attendent de sortir, tapis dans un coin dès que la situation devient difficile. Modus Operandi effraie surtout à l’idée que tout ça pourrait recommencer à la moindre occasion si nous ne sommes pas vigilants. Pire que la haine et la violence, l’indifférence est la principale responsable de milliers de destins brisés sur le sol des chambres à gaz.

Dur à encaisser. Mais malgré tout, Modus Operandi touche aussi par les portraits de ces personnes dont les familles ont été décimées. Des personnes marquées à jamais au fer rouge, mais qui jamais ne font preuve de haine. Des personnes aujourd’hui âgées, qu’on a envie d’aimer, toujours dignes face à l’évocation de leur tragédie. Comme ce vieil homme en possession d’une photo où figurent sa femme et ses trois enfants, Herman, Isaac et Andries, morts à Auschwitz. Une photo qu’il n’a jamais osé regarder depuis… Comme cette femme qui culpabilisera jusqu’à la fin de ses jours de s’être échappée d’un convoi en étant obligée de laisser son père mourant à l’intérieur… Une poignée parmi tant d’autres ! Leurs témoignages (1) sont des documents précieux."
(Gregory Cavinatto)



FJO :

- "Si ce film vous intéresse ou intéresse quelqu'un dans votre entourage, il est primordial d'aller le voir dès que possible. La semaine prochaine, le 19 mars, pas moins de dix-huit nouveaux films sortiront dans les salles. Soyons réalistes, la plupart des films actuellement à l'affiche seront alors retirés au profit des nouveautés. En Flandre en particulier, il est très probable que le film ne reste pas en 3ème semaine."
(Communiqué, 14 mars)



TéléMB, télévision locale, Mons-Borinage :

Reportage : cliquer.




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Image extraite du film : les inévitables et indispensables collabos... (DR)



"MODUS OPERANDI" :

Réalisateur : Hugues Lanneau.

<!--[if !supportEmptyParas]-->Concepteur et producteur : Willy Perelsztejn. <!--[endif]-->

Un documentaire de 98 minutes :

Les Films de la Mémoire - Création et Mémoire - Triangle7 - RTBF - VRT - Shema Israël - Ceges-Soma - Musée juif de la déportation et de la résistance - La Wetterenoise.
Avec le soutien du Centre du Cinéma et de l’Audiovisuel de la Communauté française de Belgique et des télédistributeurs wallons, de la Communauté française Wallonie-Bruxelles, de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, de la Loterie Nationale, du Tax Shelter du gouvernement fédéral de Belgique et du ING Tax Shelter de ING Tax Shelter Productions, filiale d'ING Belgium SA.
Avec la participation de Be TV et de la Fondation du Judaïsme de Belgique.


(1) Parmi ces témoins et acteurs, Eva Fastag. Lire la P. 36 de ce blog.




Publié dans Occupation

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