P. 119. Le groupe ITS au Parlement européen

Publié le par Jean-Emile Andreux

Depuis le 15 janvier, le Parlement européen compte un nouveau groupe d'élus : ceux de la xhénophobie !

 

Après le "groupe des droites européennes" (1984 - 1989) et  le "groupe technique des droites européennes" (1989 - 1994), l'extrême droite revient à la charge. Elle s'est conformée à l'article 29 du règlement du Parlement européen. Actuellement, le nombre minimal de députés requis pour constituer un groupe politique est de 20. Ceux-ci doivent représenter au moins un cinquième des Etats membres.

Et ils sont bien là depuis le 15 janvier, les 20 députés du groupe ITS : "Identité, Tradition, Souveraineté".

 

La motivation  première de cet ITS repose sur les moyens, d'abord financiers, que le Parlement réserve à tout groupe constitué et reconnu. Néanmoins, voici ses spécificités officielles :

- renaissance des intérêts nationaux, des souverainetés, des identités et des différences...

- engagement en faveur des valeurs chrétiennes, de l'héritage, de la culture, des traditions de la civilisation européenne...

- engagement en faveur de la famille traditionnelle en tant que trait d'union naturel de la société...

- opposition à une Europe unitaire, bureaucratique et à un super Etat européen...

- opposition à une politique massive d'immigration...

 

Leur première composante repose sur les résultats du Front National aux élections européennes en France, soit non moins de 7 élus sur les 20 ITS :

- Bruno Gollnisch, président du groupe ITS ; Carl Lang ; Fernand Le Rachinel ; Jean-Marie Le Pen ; Marine Le Pen ; Jean-Claude Martinez et Lydia Schenardi.

Les Belges (mais ils vont prendre cette désignation pour une insulte, eux dont l'une des devises est justement : "Que crève la Belgique !") sont tous trois du Vlaams Belang :

- Philip Clayes, vice-président du groupe ITS ; Koenraad Dillen et Frank Vanhecke.

Nouveaux venus, les cinq élus de Grande Roumanie décrochent deux hochets :

- Petre Popeanga, trésorier du groupe ITS ; Eugen Mihaescu, vice-président ; Daniela Buruiana ; Viciorica Moisuc et Cristian Stanescu.

Plus deux Nationalistes Italiens :

- Alessandra Mussolini et Luca Romagnoli.

Reste une vice-présidence pour le seul élu Anglais :

- Ashley Mote.

Un FPO représente cette fraction de l'Autriche mise à la sauce Haider :

- Andreas Mölzer.

Un membre du parti ultranationaliste bulgare Ataka complète le tout :

- Dimitar Stoyanov.

 

Le seul Bulgare du groupe ITS

En octobre dernier, le député Dimitar Stoyanov avait protesté contre la remise de la distinction de la "meilleure parlementaire 2006" à une Hongroise d'origine Rom. En ces termes mis par écrit :

- "Dans mon pays, il y a des dizaines de milliers de filles tziganes plus belles que cette honorable-là... Les meilleures d'entre elles sont chères - jusqu'à 5.000 Euros pièce. Wow !"

 

Ce Bulgare à peine raciste et sexiste aura au nombre de ses collègues, Koenraad Dielen, fils du fondateur du Vlaams Blok. Un authentique nostalgique qui ne cache pas ses choix idéologiques comme en témoigne cette photo (de 1992, sauf erreur involontaire) :

 

"Prosit" !!! (De g. à d. : Degrelle - Dielen)

 

Vous pouvez en croire vos yeux. Koenraad Dielen a fait le pélerinage jusqu'en Espagne pour y être dignement reçu par le "beau Léon". Degrelle n'a jamais été que le fondateur du mouvement fasciste Rex. Porteur de l'uniforme de lieutenant-colonel SS. Déclaré par Hitler : "Volkführer des Wallonnen" alors que la Wallonie avait enfin été libérée par les Alliés. Ce collaborateur majeur a bien été condamné à mort pour trahison mais l'Espagne de Franco lui a offert une nouvelle nationalité, le gîte, le couvert et des protections qui s'étendront  jusqu'à sa mort dans un lit d'hôpital (1906 - 1994).

 

Mais à tout seigneur tout honneur, la présidence du groupe est exercée par Bruno Gollnisch. En janvier, il vient d'être condamné par le Tribunal correctionnel de Lyon pour propos négationnistes tenus lors d'une conférence de presse donnée à Lyon le 11 octobre 2004 :

- "Il n'y a plus un historien sérieux qui adhère intégralement aux conclusions du procès de Nuremberg".

- "Je ne remets pas en cause l'existence des camps de concentration mais, sur le nombre de morts, les historiens pourraient en discuter. Quant à l'existence des chambres à gaz, il appartient aux historiens de se déterminer".

- "Il y a des intérêts considérables à nier ce débat. C'est l'intérêt de l'Etat d'Israël dans les discussions sur les réparations qui sont sans fin".

- "Henry Russo...Historien engagé. C'est une personnalité juive, une personnalité aimable, mais sa neutralité n'est pas assurée".

Le 14 octobre, ce révisionniste de service avait persisté et signé devant le Conseil général de Rhône-Alpes réuni en séance pléniaire :

- "Les historiens ne sont pas d'accord sur leur existence {les chambes à gaz} dans tel ou tel camp. Il faut les laisser en discuter. Il y a un certain nombre de tabous, peut-être des intérêts puissants qui ne veulent pas qu'on puisse en discuter librement..."

Que de débats internes en perspective pour ce président qui retrouvera dans son bureau, l'ineffable petite-fille de Mussolini. A défaut de personnage scandaleux auprès duquel s'afficher comme Degrelle, elle avait choisi d'autres méthodes publicitaires pour accéder à la reconnaissance populiste :

 

Rehaussant le niveau du groupe ITS : Alessandra Mussolini

 

 

Remerciements et avertissement : la lecture de ce blog est recommandée par de plus en plus d'autres sites. Qu'ils en soient remerciés, tel le dernier en date :  "les routes de l'imaginaire". Cependant, dans le cadre d'une polémique à caractère révisionniste sur le blog de Dominique Strauss-Kahn, ce travail des Mazures a également été mis en lien. Pour information, cette polémique porte sur les propos qui suivent :

- "Meme si Blum est juif, un non juif a le droit de réexaminer sa politique. Et de plus,... je pense qu'en temps que leader socialiste ou maçon ou juif ou simple chef de famille, il a laissé les siens aller à la mort par manque de combativité."

Il revient aux responsables du blog de DSK de ne pas laisser le révisionnisme ainsi envahir leur espace de réflexions et d'échanges. Mais ce travail sur les Mazures ne peut y figurer en lien sans accord préalable. 

 

 

Commenter cet article